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Tableau général de l'Empire othoman. Tome 3
par M. de Mouradgea d'Ohsson, c.1787
149. KHASSÉKI.



Source : Bibliothèque nationale de France


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SECTION VIII.

Gardes du Palais.

    1° Bostandjis, corps d'environ deux mille cinq cents hommes, divisé en compagnies (ortas), et faisant partie de la milice des Janissaires. Préposés à la garde du sérail, des parcs, des jardins et des maisons de plaisance impériales, ils font aussi le service de jardiniers; et c'est parce qu'ils furent primitivement

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employés à transformer en vergers et en potagers (bostan) les terrains incultes qui se trouvaient dans l'enceinte du sérail, qu'ils reçurent le nom de bostandjis. Ils conduisent à la rame les barques du Sultan et de tous les officiers du palais. Ces derniers, lorsqu'ils sortent, se font suivre par deux ou quatre Bostandjis, ou par des valets de pied (Tchocadars) portant le même costume. On reconnaît les Bostandjis à leur grand bonnet de drap rouge (Bérata). (Pl. 148 et 154.)
    Le Bostandji-Baschi, chef de ce corps, a sous ses ordres les officiers suivants:
    1° Le Khasséki-Agha, son lieutenant et, pour l'ordinaire, son successeur; 2° l'Odjac-Kéhaya, colonel du corps; 3° le Couschdji-Baschi, inspecteur des forêts, dont le Bostandji-Baschi a la surintendance; 4° le Térékédji-Baschi, percepteur des droits attachés à la place de Bostandji-Baschi, et des revenus d'une partie du domaine impérial; 5° le Bostandjiler-oda-Baschi, agent de son général auprès du gouvernement, et logé, pour cette raison, au palais du Grand-Vézir (Pl. 147); 6° le Vézir-Cara-Coulac, messager entre le Souverain et son Premier Ministre; et 7° l'Agha-Cara-Coulac, qui a son poste à l'hôtel de

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l'Agha des Janissaires, où une tour élevée sert d'observatoire pour les incendies. Des gardes y veillent nuit et jour; au premier indice de feu, l’Agha-Cara-Coulac se rend en diligence au corps-de-garde du quartier où il a éclaté, et reçoit du chef d'Orta un rapport qui indique la maison où l'incendie a commencé, et son degré de violence. Il court à toute bride le remettre au chef des eunuques noirs, qui, à quelque heure que ce soit du jour ou de la nuit, le transmet au Sultan.
    Moustapha III a fait bâtir dans le sérail une chapelle pour les Bostandjis, près de laquelle il a fondé une bibliothèque à l'usage des officiers de ce corps.
    2° Khassékis. C'est un corps de trois cents sous-officiers, pris ordinairement parmi les Bostandjis. Ils portent un uniforme de drap rouge, un sabre (ghaddaré), et tiennent un bâton à la main. (Pl. 149 et 150.) Ceux qui sont admis dans le corps reçoivent ce bâton du colonel, en présence de la troupe; chacun d'eux doit payer à chef un ducat, et sacrifier de sa main un mouton, dans la caserne de la compagnie qui est située au sérail. Soixante Khassékis font partie du

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cortége du Sultan, et sont considérés, pour cette raison, comme des gardes-du-corps. Le Bostandji-Baschi, leur chef, les envoie fréquemment en commission dans les provinces.
    Leurs officiers principaux sont : 1° le Basch-Khasséki ou colonel; 2° le Kiredjdji-Baschi, fermier des fabriques de chaux, pour lesquelles il paie environ dix mille piastres par an au Bostandji-Baschi ; 3° le Balik-Emini, intendant des pêcheries dans le port et les environs de Constantinople, qu'il tient à ferme de son général pour quinze mille piastres par an; et 4° le Scharab-Emini, intendant des vins du pays. Aucun Chrétien ni Juif ne peut fabriquer du vin sans la permission de ce fonctionnaire, et les droits qu'il perçoit pour cet objet lui donnent, ainsi qu'à son chef, un revenu considérable.
    3° Baltadjis. Ils sont au nombre de quatre cents hommes, spécialement préposés à la garde des princes, des princesses du sang et du Harém impérial, subordonnés, pour cette raison, au chef des eunuques noirs. Ils portent un bonnet pointu (kulah) de feutre fauve. (Pl. 151.) Leur caserne est au vieux sérail; mais ils passent le jour au Palais.

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    Les principaux d'entre eux sont affectés au service particulier du Kizlar-Agha, de son lieutenant, de son secrétaire, et du chef en second du corps des Baltadjis. Chaque cadine en a trois à son service; chaque prince et chaque princesse du sang en a un. Ces notables du corps reçoivent le titre de cahvedji-baschi, qui veut dire chef-cafetier. Lorsque le Sultan se faisait accompagner, à la guerre, d'une partie des dames de son Harém, les Baltadjis marchaient près de leurs voitures, et campaient autour de leurs tentes. Ils étaient alors armés d'une hallebarde, ou d'une longue pique terminée par une hache (balta), d'où leur est venu le nom de Baltadjis ou de porteurs de hache, qui a fait dire que leur service consiste à fendre du bois.
    Aux funérailles d'un Sultan, d'une personne de la famille impériale, et même d'une cadine, ce sont les Baltadjis qui portent le cercueil, se relevant sans cesse mutuellement; car ils suivent en corps la pompe funèbre.
    Après le Kizlar-Agha, leurs principaux officiers sont : 1º le Baltadjiler-Kehayassi, chef de la compagnie, reconnaissable à sa large ceinture de drap d'or. Il remplit l'office de messager d'État;

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c'est lui qui, d'ordinaire, est chargé de porter les ordres du Sultan au Grand-Vézir; 2° le Yazidji-Efendi, Secrétaire du Kizlar-Agha et régisseur des dotations pieuses de la Mecque et de Médine; une écritoire d'argent à trois tuyaux, attachée à sa ceinture, est la marque distinctive de son office (pl. 153); 3° le Capou-Khasséki, agent du Kizlar-Agha auprès du département du Grand-Vézir; 4° le Khasséki-Baschi, Receveur-général des deniers provenant des dotations susdites; et 5° le premier commis du précédent, Khasséki-Basch-Kiatibi. Tous ces officiers portent un grand bonnet de drap rouge, semblable à celui des Bostandjis.
    4° Zuluftu-Baltadjis, compagnie de cent vingt hommes attachés au service des officiers de la chambre (khass-odalis), et subordonnés au Porte-glaive (Silihdar-Agha). Ils portent le même uniforme que les Baltadjis, avec la seule différence que leur bonnet est moins pointu, et qu'il en tombe deux tresses de laine qui leur pendent sur les joues ; ces tresses, appelées zuluf, leur ont fait donner le nom de Zuluflu-Baltadjis. (Pl. 152.)
    Leurs officiers sont: 1° le Kéhaya, chef de la compagnie; 2° trois anciens (Eskiléris) égaux en grade; et 3° six Couschdjis, employés à faire les messages du Sultan ou du Silihdar-Agha.
    5° Tchavouschs, corps de six cent trente hommes, divisé en quinze compagnies, et commandé par le Tchavousch-Baschi. Il y en a toujours une compagnie de service au Palais, avec son capitaine (Beuluk-Baschi). Les Tchavouschs ouvrent la marche du Sultan dans les solennités publiques. (Pl. 155 et 156.)
    6° Capoudjis. Ces huissiers, au nombre de huit cents, gardent les deux premières portes du sérail. (Pl. 141.) Quarante d'entre eux sont postés à l'entrée du Harém, station des eunuques noirs, et ceux-là sont subordonnés au Kizlar-Agha; on les distingue des autres par le surnom de Baba, et leur capitaine porte le titre d'Agha-Babassi.
    L'un des plus anciens Capoudjis suit le Sultan, lorsqu'il paraît en public, portant un tabouret garni de lames d'argent, où le prince pose le pied pour monter à cheval et en descendre; il est appelé Officier du tabouret (Iskemlé-Agha ). (Pl. 157.) D'autres sont employés auprès des tribunaux, en qualité d'huissiers audienciers, pour citer les plaideurs.

Source: pp.29-33, Tableau général de l’Empire othoman. Tome 7 (non-folio edition) par M. de Mouradgea d’Ohsson
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SECTION VIII.

Palace Guards.

    1° Bostancıs, a body of about two thousand five hundred men, divided into companies (ortas), and forming part of the militia of the Janissaries. Responsible for guarding the seraglio, the parks, the gardens and the imperial pleasure-houses, they also performed the service of gardeners; and it is because they were originally employed in transforming into orchards and kitchen gardens (bostan) the uncultivated lands which were within the enclosure of the seraglio, that they received the name of Bostancıs. They row the boats of the Sultan and all the officers of the palace. The latter, when they go out, are followed by two or four Bostancıs, or by footmen (Çuhadars) wearing the same costume. The Bostancıs can be recognised by their large red cloth cap (Berata). (Pl. 148 and 154.)
    The Bostancı-Başı, chief of this corps, has under his orders the following officers:
    1° The Haseki-Ağa, his lieutenant and, ordinarily, his successor; 2° the Ocak-Kéhaya, colonel of the corps; 3° the Couschdji-Başı, inspector of forests, of which the Bostancı-Başı has the superintendence; 4° the Terekeci-Başı, collector of the rights attached to the place of Bostancı-Başı, and of the revenues of part of the imperial domain; 5° the Bostancıler-oda-Başı, agent of his general to the government, and lodged, for this reason, in the palace of Grand-Vezier (Pl. 147); 6° the Vezier-Kara-kolluk, messenger between the Sovereign and his Prime Minister; and 7° the Ağa-Kara-kolluk, who has his post at the Hotel of

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the Ağa of the Janissaries, where a high tower serves as an observatory for the fires. Guards watch over it night and day; at the first indication of fire, the Ağa-Kara-kolluk goes in diligence to the guardhouse of the district where it broke out, and receives from the chief of Orta a report which indicates the house where the fire started, and its degree of violence. He runs at full speed to deliver it to the chief of the black eunuchs, who, at whatever hour of the day or night, transmits it to the Sultan.
    Moustapha III had a chapel built in the seraglio for the Bostancıs, near which he founded a library for the use of the officers of this body.
    2° Hasekis. It is a corps of three hundred non-commissioned officers, usually taken from among the Bostancıs. They wear a red cloth uniform, a sabre (ghaddaré), and hold a stick in their hands. (Pl. 149 and 150.) Those who are admitted to the corps receive this baton from the colonel, in the presence of the troops; each of them must pay the chief a ducat, and sacrifice a sheep with his hand, in the barracks of the company, which is situated in the seraglio. Sixty Hasekis are part of the Sultan's cortege, and are considered, for this reason, as bodyguards. The Bostancı-Başı, their chief, frequently sends them on commission to the provinces.
    Their principal officers are: 1° the Baş-Haseki or colonel; 2° the Kireççi-Başı, operator of the lime factories, for which he pays about ten thousand piastres a year to the Bostancı-Başı; 3°, the Balik-Emini, steward of the fisheries in the port and surroundings of Constantinople, which he keeps from his general for fifteen thousand piastres a year; and 4° the Şarap-Emini, steward of the wines of the country. No Christian or Jew can make wine without the permission of this official, and the fees he collects for this purpose give him and his chief a considerable income.
    3º Baltacılar. They number four hundred men, specially assigned to the guard of the princes, princesses of the blood and of the imperial Harem, subordinate, for this reason, to the chief of the black eunuchs. They wear a pointed cap (kulah) of fawn felt. (Pl. 151.) Their barracks are in the old seraglio; but they spend the day at the Palace.

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    The principal among them are assigned to the particular service of the Kizlar-Ağa, of his lieutenant, of his secretary, and of the second chief of the corps of the Baltacılar. Each noble lady has three in its service; every blood prince and princess has one. These notables of the body receive the title of Kahveci-Başı, which means head-cafetier. When the Sultan was accompanied, in war, by a party of the ladies of his Harem, the Baltacılar walked near their carriages, and camped around their tents. They were then armed with a halberd, or a long pike terminating in an axe (balta), from which came the name of Baltacılar or axe carriers, which made it known that their service consists in splitting wood.
    At the funeral of a Sultan, of a member of the imperial family, and even of a noble lady, it is the Baltacılar who carry the coffin, constantly relieving each other; for they follow the undertaker in a body.
    After the Kizlar-Ağa, their principal officers are: 1º the Baltacılar kethüdası, head of the company, recognisable by his wide belt of cloth of gold. He fulfils the office of State messenger;

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it is he who, ordinarily, is responsible for carrying the Sultan's orders to the Grand-Vezir; 2° the Yazıcı-Efendi, Secretary of the Kizlar-Ağa and manager of the pious endowments to Mecca and Medina; a silver writing case with three pipes, attached to his belt, is the distinctive mark of his office (pl. 153); 3° the Kapi-Haseki agent of the Kizlar-Ağa with the department of Grand-Vezier; 4° the Haseki-Başı, Receiver-General of the funds providing the aforesaid endowments; and 5° the first clerk of the preceding, Haseki-Baş-Kiatibi. All these officers wear a large red cloth cap, similar to that of the Bostancıs.
    4° Zuluftu-Baltacıs, company of one hundred and twenty men attached to the service of the officers of the chamber (Has-odalis), and subordinated to the Sword-bearer (Silihdar-Ağa). They wear the same uniform as the Baltacıs, with the only difference that their cap is less pointed, and that two braids of wool fall from it which hang over their cheeks; these braids, called zülüf, gave them the name of Zülüflü-Baltacıs. (Pl. 152.)
    Their officers are: 1° the Kethüda, head of the company; 2° three elders (Eskiléris) equal in rank; and 3° six Couschdjis, employed to make the messages of the Sultan or the Silihdar-Ağa.
    5° Çavuşs, a corps of six hundred and thirty men, divided into fifteen companies, and commanded by the Çavuş-Başı. There is always a service company at the Palace, with its captain. The Çavuşs open the march of the Sultan in public solemnities. (Pl. 155 and 156.)
    6° Kapıcıs. These ushers, eight hundred in number, guard the first two doors of the seraglio. (Pl. 141.) Forty of them are posted at the entrance to the Harem, the station of the black eunuchs, and these are subordinate to the Kizlar-Ağa; they are distinguished from the others by the surname of Baba, and their captain bears the title of Ağa-Babassi.
    One of the oldest Kapıcıs follows the Sultan, when he appears in public, carrying a stool garnished with silver laminae, on which the prince places his foot to mount and dismount; he is called Officer of the Stool (İskemleci-Ağa). (Pl. 157.) Others are employed in the courts, as court ushers, to summon litigants.

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